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  Réseau d'Investigation clinique pour le Carcinome Hépatocellulaire




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Une greffe de foie, également appelée transplantation hépatique, consiste à enlever le foie malade et à le remplacer par un foie ou un morceau de foie sain, provenant le plus souvent d’un donneur décédé.


Dans quel cas une greffe de foie est-elle indiquée ?

La greffe de foie est le traitement de référence pour les cancers qui se développent sur un foie atteint de cirrhose. Elle a pour avantage de traiter en même temps le cancer du foie et la cirrhose. La transplantation ne peut cependant pas être proposée à tous les malades en raison du manque d’organes disponibles et des nombreuses contre-indications.

Une greffe est contre-indiquée notamment :

  • si la tumeur a envahi les vaisseaux reliés au foie ou si des métastases sont présentes dans d’autres organes. La taille et le nombre de tumeurs présentes sont également pris en compte. Une tumeur unique inférieure à 5 centimètres ou deux à trois tumeurs de moins de 3 centimètres sont généralement les critères retenus pour évoquer une transplantation ;
  • si votre état de santé ne vous permet pas de supporter l’opération ou les médicaments antirejet qui devront être pris à vie ;
  • si vous souffrez d’une dépendance à l’alcool qui n’est pas prise en charge ;
  • si vous avez plus de 65 ans. Cette limite d’âge est parfois repoussée si vous n’avez pas d’autres maladies chroniques graves (cardiaques, respiratoires ou neurologiques).

Une greffe nécessite un suivi médical important à vie. Avant d’envisager cette intervention, l’équipe médicale vous sensibilise au caractère contraignant de ce suivi. Elle s’assure que vous aurez la possibilité de le respecter sur le long terme.

Selon la taille de la tumeur et la durée d’attente estimée, le plus souvent de plusieurs mois, un traitement peut être envisagé avant la greffe. Un traitement par destruction percutanée ou une chimioembolisation peuvent ainsi être effectués sur les nodules les plus gros pour freiner la croissance de la tumeur en attendant la greffe.


Comment se préparer à l’intervention ?

Si l’option d’une greffe est retenue, un bilan complémentaire spécialisé est programmé dans les plus brefs délais par l’équipe qui vous prend en charge. Il permet de s’assurer de l’absence de contre-indication à la greffe.
Si le bilan est favorable, une consultation est programmée avec un ou plusieurs membres de l’équipe de greffe. Cette consultation sert à vous expliquer l’ensemble de la procédure et à répondre à vos questions.
Si vous donnez votre accord à la réalisation de l’intervention, votre nom est inscrit au registre national des demandeurs de greffe, géré par l’Agence de la biomédecine. Vous pouvez alors être contacté par téléphone à tout moment du jour ou de la nuit lorsqu’un foie est disponible à la greffe.

 

Que se passe-t-il lorsqu’un foie est disponible à la greffe ?

Un foie provenant d’un donneur est proposé à l’équipe de greffe par le pôle de répartition des greffons de l’Agence de la biomédecine. Le foie est proposé nominativement à un receveur donné selon des règles de priorité définies à l’avance. Si vous êtes choisi comme receveur, vous êtes contacté par l’équipe de greffe qui vous prend en charge pour savoir si vous acceptez toujours d’être greffé et s’il n’y a pas de contre-indication de dernière minute. Il est nécessaire que vous puissiez répondre immédiatement, quelle que soit l’heure. Vous êtes alors invité à vous rendre au centre de greffe qui vous prend en charge. Il faut rester à jeun.

Pendant ce temps, un chirurgien de l’équipe de greffe prélève le foie du donneur. Vous ne serez opéré que lorsque le chirurgien préleveur aura examiné le foie du donneur et vérifié qu’il peut être greffé.

D’où provient le foie greffé ? Le foie provient dans la grande majorité des cas d’un donneur en état de mort cérébrale : son cerveau ne fonctionne plus et n’est plus capable d’assurer les fonctions vitales du corps comme la respiration. Seul le coeur continue de battre et alimente en sang les différents organes dont le foie.

L’autorisation est donnée par la famille du défunt ou par la volonté du donneur, exprimée de son vivant. Des examens complets sont réalisés pour s’assurer qu’aucune maladie n’est transmise au receveur en même temps que le foie greffé.

La greffe d’une partie de foie d’un donneur vivant pour soigner un cancer est une procédure rare et qui n’est pas pratiquée par tous les centres de greffe en France.

C’est une opération complexe qui comporte de nombreuses contre-indications et peut entraîner d’importantes complications pour le donneur. La partie du foie greffée se révèle aussi parfois insuffisante pour le receveur. Dans la pratique, ce type de greffe est discuté si le donneur est en bonne santé avec un foie compatible et si le délai d’attente pour une greffe classique est trop long.

 

Comment se déroule l’opération ?

La transplantation hépatique est une opération qui se déroule en deux temps. Le chirurgien enlève d’abord le foie malade avant de greffe foie sain provenant du donneur.

Ces deux étapes demandent une parfaite synchronisation. Le foie greffé, également appelé greffon, ne doit en effet pas rester trop longtemps privé de sang pour pouvoir à nouveau fonctionner normalement. L’opération se déroule sous anesthésie générale. Le chirurgien fait une incision horizontalement sous les côtes, et verticalement vers le sternum. Cette ouverture lui permet de manipuler l’ensemble du foie. Le chirurgien commence par enlever le foie malade en s’assurant de ne pas disséminer la tumeur dans d’autres régions du corps. Il veille également à limiter le risque d’hémorragie, c’est-à-dire de perte importante de sang, qui peut survenir à cette étape de l’opération. Lorsque l’ensemble du foie malade est retiré, la greffe du foie sain peut débuter. Le chirurgien place d’abord le greffon dans l’abdomen. Les vaisseaux sanguins sont reliés en priorité pour permettre au foie d’être à nouveau alimenté en sang. Les différents vaisseaux transportant la bile sont ensuite raccordés. Une fois la greffe réalisée, le chirurgien teste la circulation du sang et de la bile.

Avant de refermer l’abdomen, des petits tubes, appelés drains, sont installés pour évacuer les liquides et les sécrétions comme le sang, la lymphe ou la bile qui peuvent s’accumuler autour du foie. L’opération est longue et peut durer jusqu’à une quinzaine d’heures.


Que se passe-t-il après l’intervention ?

Dans les jours qui suivent l’opération, vous restez hospitalisé en service de réanimation pour s’assurer que le foie greffé fonctionne normalement et pour surveiller l’apparition de complications éventuelles.

Des examens sont ainsi pratiqués très régulièrement pour détecter :

  • une absence de fonctionnement du greffon ;
  • une thrombose, c’est-à-dire la formation d’un caillot de sang dans les vaisseaux du foie.

Ces deux complications rares constituent une urgence vitale qui rend alors prioritaire pour une nouvelle greffe.

En dehors de cette situation exceptionnelle, cette opération peut avoir comme principales complications :

  • un rejet. Celui-ci est devenu rare grâce aux traitements immunosuppresseurs (ou traitements antirejet). Il est en général facilement arrêté en augmentant la dose du traitement. Exceptionnellement, ce rejet résiste au traitement et nécessite une nouvelle transplantation ;
  • une hémorragie. Le risque d’hémorragie après la greffe est important et peut nécessiter une transfusion. Si l’hémorragie persiste, une intervention est organisée ;
  • des complications biliaires. La suture entre la voie biliaire du greffon et celle d’origine peut bloquer l’évacuation de la bile ou provoquer une fuite de bile. Cette complication est rare mais conduit parfois à une intervention ;
  • une infection. Comme dans toute opération chirurgicale lourde, le risque d’infection est important. Le traitement antirejet, indispensable, entraîne une diminution importante des défenses de l’organisme et augmente le risque d’infection ;
  • une insuffisance rénale. Les reins peuvent être abîmés temporairement à la suite de l’intervention. Certains médicaments antirejets sont en effet toxiques pour les reins. Ils peuvent également souffrir pendant l’intervention et parfois mettre quelques semaines, à cicatriser. Il peut être alors nécessaire de recourir à une dialyse* temporaire dans les jours qui suivent la greffe.

Des complications communes à toutes les interventions chirurgicales sont également possibles :

  • une fatigue, liée à l’intervention et l’anesthésie ;
  • un hématome ou une infection au niveau de la plaie ;
  • des douleurs, au niveau de la cicatrice, susceptibles de persister de nombreux mois après la chirurgie. Des douleurs au dos, en raison de la position allongée prolongée pendant l’intervention, peuvent également se manifester.

Ces effets sont pris en charge par l’équipe médicale qui vous suit. N’hésitez pas à signaler toute douleur survenant après l’intervention. En l’absence de complication, l’hospitalisation dure entre 2 et 4 semaines et la première semaine est généralement effectuée en service de réanimation.

Le suivi de la greffe après l’hospitalisation :

  • Avec la greffe, vous démarrez un traitement médicamenteux appelé immunosuppresseur destiné à éviter que le corps ne rejette la greffe. Il doit être pris à vie et sans interruption. Des examens médicaux sont effectués très régulièrement pour vérifier le bon fonctionnement du foie, prévenir un éventuel rejet et dépister les effets secondaires des médicaments immunosuppresseurs.


Exemples de questions à poser à votre médecin

Comment me préparer en attendant la greffe ?
Quels sont les risques de la greffe ?
Que va-t-il se passer après l’intervention ?
Quels changements la greffe peut-elle entraîner dans ma vie de tous les jours ?