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  Réseau d'Investigation clinique pour le Carcinome Hépatocellulaire




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L’ablation partielle du foie est une opération chirurgicale qui consiste à retirer la partie du foie sur laquelle la tumeur s’est développée. On parle généralement de résection chirurgicale ou encore d’hépatectomie partielle. Cette technique est le traitement principal pour les cas de cancer qui surviennent sur un foie sain ou sur une cirrhose qui n’affecte pas le fonctionnement du foie.

Elle est contre-indiquée en cas d’hypertension portale importante, c’est-à-dire de pression du sang trop élevée dans la veine porte, qui augmente le risque de complications. Elle nécessite également un arrêt de la consommation d’alcool. L’alcool provoque une inflammation qui empêche le foie de se régénérer après l’intervention et peut provoquer une insuffisance hépatique grave.


Comment se préparer à l’intervention ?

La consultation avec le chirurgien

Lors d’une consultation, le chirurgien vous explique les objectifs de l’opération, la technique qu’il va utiliser, les suites et les complications possibles. Cette consultation est l’occasion de poser toutes les questions que vous avez au sujet de l’intervention. Le chirurgien peut également vous demander de signer un consentement afin qu’un échantillon de la tumeur soit conservé après l’opération dans une tumorothèque (bibliothèque de tumeurs) en vue de recherches ultérieures.


La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux. Il est important de signaler tout problème de santé, notamment les allergies (asthme, eczéma, rhume des foins, etc.), les problèmes cardiaques (hypertension par exemple), la prise de médicaments, en particulier anticoagulants* et aspirine, ainsi que votre consommation de tabac et d’alcool.

Il est prouvé que l’arrêt du tabac et de l’alcool quelques semaines avant une intervention réduit les complications postopératoires.

 

Les voies d’abord ou comment accéder à la tumeur ?

Une voie d’abord désigne le chemin utilisé par le chirurgien pour accéder à l’organe ou à la zone à opérer. Dans la plupart des cas, l’ablation partielle du foie nécessite une laparotomie : le chirurgien ouvre l’abdomen pour accéder au foie.

L’incision est le plus souvent pratiquée horizontalement sous les côtes, du côté droit, mais peut varier selon votre morphologie. En alternative à la laparotomie, une autre voie d’abord, appelée coelioscopie ou laparoscopie, peut être utilisée. Elle consiste à remplacer l’ouverture de l’abdomen par plusieurs petites incisions, au travers desquelles le chirurgien fait passer ses instruments chirurgicaux et un système optique. Le système optique est relié à un écran vidéo et le chirurgien opère en regardant l’écran. Les gestes effectués à l’intérieur de l’abdomen sont identiques à ceux de la laparotomie.


Comment se déroule l’opération ?

L’intervention débute par l’ouverture de l’abdomen ou, lors d’une coelioscopie, par la mise en place des différents instruments et du système optique.

La première étape consiste à identifier et à localiser la tumeur. Le chirurgien s’aide le plus souvent d’une échographie*. On parle d’échographie peropératoire, c’est-à-dire réalisée durant l’opération. Une sonde d’échographie stérile est posée au contact du foie. Des images très précises permettent de localiser la tumeur, notamment par rapport aux vaisseaux internes du foie, et de délimiter la partie du foie à retirer pour enlever la totalité de la tumeur. L’échographie sert également à vérifier qu’il n’existe pas d’autres nodules non détectés avant l’intervention.


La quantité de foie à enlever dépend de la taille, de la localisation et du nombre de nodules tumoraux. L’incision suit généralement les contours d’un ou plusieurs segments du foie. En fonction du nombre de segments
retirés, on parle de segmentectomie ou de bisegmentectomie (pour deux segments retirés). Lorsqu’un lobe entier du foie est retiré, on parle de lobectomie droite ou gauche.

En cas de cirrhose, il n’est pas toujours possible d’enlever plusieurs segments, car les capacités de régénération du foie laissé en place sont alors limitées.

Dans certains cas, le chirurgien peut enlever uniquement la tumeur, on parle alors de tumorectomie. Une petite partie du foie sain entourant la tumeur, appelée marge de résection, est également retirée. Idéalement de 1 ou 2 centimètres, cette marge est une sécurité dans le cas ou des cellules cancéreuses invisibles aux examens se seraient propagées à proximité de la tumeur.

 

Que se passe-t-il après l’intervention ?

Après l’opération, vous êtes amené en salle de réveil, puis en service de soins intensifs où vous passez quelques jours. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pendant l’intervention pour faciliter le suivi et le rétablissement : une sonde nasogastrique, une sonde urinaire et des drains.
• La sonde nasogastrique, petit tuyau qui passe par le nez et rejoint l’estomac, évacue les sécrétions de l’estomac pour éviter les vomissements. Elle est le plus souvent retirée à votre réveil ou le lendemain de l’opération. Rapidement, une alimentation liquide, puis solide, vous est proposée.
• La sonde urinaire sert à recueillir les urines et à mesurer leurs volumes pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.
• Les drains, petits tuyaux souples et fins, permettent d’évacuer les liquides et les sécrétions (sang, lymphe, bile*) qui peuvent s’accumuler dans l’abdomen. Ils sont placés à travers la peau, à droite et à gauche de l’abdomen, sous les côtes. Ces drains ne sont pas douloureux et sont retirés sur décision du chirurgien, le plus souvent quelques jours après l’intervention.

Seul le drain placé dans la voie biliaire peut être conservé plus longtemps. Ce drain, beaucoup plus fin que les autres, sert notamment à s’assurer que le foie reprend normalement sa production de bile. Il est laissé en place quelques jours, puis bouché et enroulé sous un pansement étanche. Le chirurgien laisse s’écouler un ou deux mois avant de l’enlever définitivement. Ce temps est nécessaire pour diminuer le risque de provoquer une fuite de bile en retirant le drain.

Enfin, pour éviter une phlébite, un médicament anticoagulant vous est prescrit dès que le foie fonctionne normalement. Les médecins vous demanderont également de vous lever assez rapidement après l’intervention. Le port de bas de contention est fréquemment préconisé après l’opération.

Durant les premiers jours d’hospitalisation, de nombreux examens sont programmés pour suivre l’évolution de votre état et le bon fonctionnement du foie opéré. En l’absence de complications, vous êtes transféré vers le service qui vous a reçu à votre arrivée.

La durée d’hospitalisation

L’hospitalisation dure habituellement entre 5 et 10 jours. Elle varie en fonction de l’intervention pratiquée, de la voie d’abord choisie (coelioscopie ou laparotomie), de la survenue de complications et de votre état de santé général. En cas de complications l’hospitalisation peut être prolongée de plusieurs semaines.

Les analyses de la tumeur

L’ensemble de ce qui a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au laboratoire ou service d’anatomopathologie* pour être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé pathologiste. L’examen consiste à observer minutieusement, à l’oeil nu puis au microscope, les tissus prélevés afin de déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées. Le pathologiste vérifie également si les bords du tissu qui entoure la tumeur (marges de résection) sont sains, ce qui prouve que la tumeur a bien été entièrement enlevée.


Quelles sont les complications possibles ?


Des complications peuvent survenir tout de suite après la chirurgie ou dans les semaines qui suivent :

  • un hématome ou une infection au niveau de la plaie ;
  • une hémorragie, comme après toute intervention chirurgicale et qui peut nécessiter une transfusion ;
  • une douleur au niveau de la cicatrice, susceptible de persister de nombreux mois après la chirurgie ;
  • une fuite de bile dans l’abdomen (ou fistule biliaire*). Cet écoulement donne parfois des douleurs et de la fièvre. Une intervention est alors nécessaire pour évacuer la bile ou boucher la fistule ;
  • des douleurs dans la zone opérée, fréquentes. Elles sont systématiquement traitées par de la morphine ou l’un de ses dérivés. Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale pour que le traitement soit adapté ;
  • une insuffisance hépatique lorsque le foie est trop petit pour fonctionner normalement ou lorsque la cirrhose s’aggrave. Des symptômes apparaissent alors : une jaunisse, de la fatigue, des hémorragies ou de l’ascite*. Lorsque l’insuffisance hépatique est modérée, ces symptômes ne durent en général pas plus de quelques jours. Si aucune complication grave ne survient, le foie peut se régénérer en quelques semaines.


Exemples de questions à poser à votre médecin


Comment l’opération va-t-elle se dérouler ?
Quels en sont les risques ?
Comment puis-je me préparer au mieux ?
Que va-t-il se passer après l’intervention ?
Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de
tous les jours ?